07 mai 2018

Les maquisards du poirier et Pauline à Paris

- Les maquisards du poirier

Je préfère l’annoncer immédiatement : Les maquisards du poirier (2008) n'est pas un livre inoubliable. Mais je ne peux pas ne pas en parler... car il est à l'origine de Pauline à Paris.

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Cet ouvrage a une particularité : il est issu d’un travail d'atelier, animé par des auteurs des éditions Flblb, avec les enfants d'une école primaire. Ceux-ci ont interrogé les « vieux » de leur village poitevin pour qu'ils leur parlent de la seconde guerre mondiale, comment ils avaient vécu cette période, quels souvenirs ils en gardent. Les enfants on photographié les villageois, et on enregistré leurs paroles. Dans le livre se succèdent ces visages en noir et blanc, accompagné du texte inséré dans des bulles.

C’est un « témoignage-photographique », un ouvrage formidable pour ces enfants, pour la mémoire de ce village, mais maladroit et pas très « vendeur » en dehors du cercle des initiés.

Comme je le raconte parle dans Pauline à Paris, j'enregistrais les histoires de ma grand-mère depuis longtemps et je me demandais parfois comment je pourrais les retranscrire d'une manière ou d'une autre pour les partager avec d'autres lecteurs lorsque je suis tombé sur Les maquisards... Et j'ai eu un déclic : pourquoi ne pas faire pareil ?

C'est comme ça que dans un premier temps, j'ai pris quelques photos de Joséphine, que je les ai mises dans un tableau (sous Word !), et que j'ai rajouté des bulles avec le texte d'une première histoire : Le bébé miraculé. Puis j'ai continué sur une deuxième histoire, puis une troisième... et au fur et à mesure que je construisais mes histoires, je me suis mis à ajouter des images d'archives, des illustrations, des cartes postales anciennes etc.

Les maquisards… est donc un livre dont je ne recommande pas nécessairement la lecture à tout le monde, mais qui a été important dans mon parcours personnel. Il paraît que les grandes innovations naissent toujours deux fois. Si le premier roman-photo en 1886 était le témoignage-photographique de Nadar sur l’académicien Chevreul, alors Les maquisards… est le second acte de naissance du roman-photo !

Couv Pauline A Paris

- Pauline à Paris

Il me semble toujours un peu étrange de cataloguer Pauline à Paris dans les romans-photos. Non seulement Pauline à Paris n'a rien à voir, ni avec la veine des romances à l'eau de rose, ni avec les romans-photos d'humour, mais en plus, techniquement parlant, Pauline à Paris n'est pas composé exclusivement de photographies. Près d'un tiers des images sont des images d'archives de natures très diverses, des peintures, des dessins, des gravures, des cartes postales anciennes, des revues, des timbres etc.

Bref, Pauline à Paris est un ouvrage hybride, comme beaucoup des ouvrages qui font partie de mon salon des romans-photos !

Si les codes de lecture de Pauline à Paris sont ceux de la BD (des cases, des bandes, des bulles), Pauline à Paris n'est pas dessiné... ce qui conduit la plupart des analystes à l'exclure de la BD. Alors qu'est-ce que c'est ?

Disons que c'est un roman-graphique. Ce terme est suffisamment général pour réunir aussi bien la BD que le roman-photo, le docu-photo, le reportage-photographique, le témoignage-photographique... et tous les autres hybrides dans lesquels une succession d'images (quelle que soit leur nature) conduisent une narration.

La particularité de Pauline à Paris, c'est que le lecteur est placé dans la position de celui qui écoute une vieille dame lui raconter une histoire. Les images d'archives viennent alors illustrer ce qui se passe dans la tête de l'auditeur lorsqu'il entend cette histoire. Un mode de fonctionnement unique (à ma connaissance) qui pourrait très bien être mis en œuvre pour construire des documentaires ou des reportages.

Posté par Benoit Vidal à 19:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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